Les magnifiques Carmélites d‘Olivier Py au théâtre des Champs-Élysées

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Les magnifiques Carmélites d‘Olivier Py au théâtre des Champs-Élysées

CRITIQUE – L’univers tourmenté, complexe, exacerbé du metteur en scène français devait un jour entrer en collision avec le chef-d’œuvre lyrique que Francis Poulenc a composé sur le texte de Georges Bernanos.

Certains spectacles d’opéra frappent plus que d’autres. Ils s’inscrivent dans votre mémoire et vous marquent de façon prégnante, presque indélébile. C’est que parfois l’adéquation entre une œuvre et un metteur en scène est si intime, si évidente, que l’un et l’autre en sortent grandis. (Certes, il peut aussi y avoir des rendez-vous manqués, mais ce n’est pas le cas ici!)

La rencontre entre Olivier Py et Dialogues des carmélitesne pouvait pas ne pas avoir lieu. L’univers tourmenté, complexe, exacerbé du metteur en scène français devait un jour entrer en collision avec le chef-d’œuvre lyrique que Francis Poulenc a composé sur le texte de Georges Bernanos. Cette réflexion à la fois intériorisée et bouillante sur les forces de la foi ne pouvait que fasciner un scénographe qui pose depuis toujours la question de la religion, de la religiosité, du rapport entre la foi et le monde.

Tout feu tout flamme

D’une manière générale, cette suite de tableaux sidérants et fulgurants a toujours bouleversé le public. Et l’on sait que la fin de l’opéra, où les religieuses montent une à une à l’échafaud en chantant Salve Regina, avant de se faire trancher la tête, est une des scènes les plus poignantes de tout l’art lyrique français. Dans ce final terrible, l’efficacité dramatique se double de puissance spirituelle, et le public (même le plus réticent) sort vidé et en larmes. Dont acte: cette production montée à l’automne 2013 a remporté un succès critique et public hautement mérité. Dialogues des carmélites est un chef-d’œuvre que Py a su vraiment sublimer.

Il faut donc absolument aller (ou retourner) voir ce spectacle, qui revient sur la même scène du Théâtre des Champs-Élysées, jusqu’au 16 février. La distribution est assez proche de celle de la création et on y retrouve des voix (féminines) tout feu tout flamme. La Blanche de la Force abrasive de Patricia Petibon sera entourée par la Mère Marie de Sophie Koch, la Madame Lidoine de Véronique Gens et la Madame de Croissy d’Anne Sofie von Otter. Quant à l’exquis personnage de Constance, oiseau joyeux et bientôt blessé, ce sera la merveilleuse Sabine Devieilhe. Autant dire un plateau vocal de haute volée pour exacerber ces affrontements de mots et de corps. Dans la fosse, Jérémie Rhorer retrouve la partition de Francis Poulenc qu’il avait si savamment dirigée voici cinq ans. Tout comme la mise en scène, le chef a su trouver cet équilibre si ténu (et pourtant si efficace) entre la profondeur psychologique, la puissance métaphysique et la dimension spectaculaire de cette œuvre. Enfin, la vision fulgurante de Py, avec les impressionnants décors de Pierre-André Weitz, contribue à faire de cette soirée un moment d’exception et de recueillement. Amen!

Dialogue des Carmélites
Théâtre des Champs-Élysées 
15, av. Montaigne (VIIIe).
Tél.: 01 49 52 50 50.
Horaires: Du 7 au 16 fév. à 19 h 30.
places: de 5 à 145 €.



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