Rita Moreno, la volcanique Anita de West Side Story, soutient #MeToo»

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Rita Moreno, la volcanique Anita de West Side Story, soutient #MeToo»

VIDÉO – L’actrice portoricaine, oscarisée pour sa composition dans la comédie musicale culte de Robert Wise et Jerome Robbins, n’a rien perdu de son tempérament. Âgée aujourd’hui de 86 ans, elle raconte qu’elle a toujours souffert du racisme et du sexisme.

Rosita Dolores Alverio avait cinq ans en 1936 quand elle a débarqué, depuis Porto Rico, au pied de la Statue de la Liberté à New York. Sous son nom de scène, Rita Moreno, l’inoubliable et volcanique Anita de West Side Story allait conquérir Broadway et Hollywood, en dépit d’une forte discrimination anti-femmes et anti-latino.

À 86 ans aujourd’hui, seule latino à appartenir au club très restreint des artistes récompensés à la fois aux Emmys, aux Grammys, aux Tonys et aux Oscars, elle déborde de vitalité mais n’a pas oublié le racisme et le sexisme dont elle a souffert 60 ans durant.

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Parmi les épisodes de sa vie peu commune: une histoire d’amour fougueuse huit ans durant avec Marlon Brando, qui l’a poussée à une tentative de suicide, et des liaisons avec des vedettes comme Elvis Presley, Dennis Hopper ou Anthony Quinn. Puis la sagesse venant, elle épousera l’amour de sa vie, un affable cardiologue new-yorkais. Ils auront une fille et vivront 46 ans ensemble, jusqu’à la mort de son mari en 2010.

Lors d’un entretien à l’AFP à Ellis Island, l’île de la Statue de la Liberté où se tenait une cérémonie d’hommage aux immigrés les plus méritants, elle dit avoir désormais trouvé la plénitude: «C’est le meilleur moment (de ma vie). J’ai 86 ans, un livre sur ma vie, un disque – où elle chante pour la première fois en espagnol – produit par mon ami Emilio Estefan, une carrière toujours active, une série sur Netflix qui entamera sa troisième saison en juin. Je n’ai pas à me plaindre, j’ai beaucoup, beaucoup de chance».

Rita Moreno soutient #MeToo

Cheveux courts et argentés, robe bleu ciel près du corps, posture de ballerine et esprit vif, elle fait 20 ans de moins que son âge. Interrogée sur le secret de sa forme, elle sourit. «Dans ma famille, nous portons bien les années», dit-elle.

Elle a pourtant bataillé des années pour s’imposer: «Quand j’ai débuté dans le cinéma, discrimination raciale et harcèlement sexuel étaient partout», dit-elle. «La discrimination, c’est l’histoire de ma vie». Elle-même harcelée adolescente par un responsable des studios Fox, elle se dit «heureuse» de l’émergence du mouvement #MeToo. «Je crois que le mouvement va encore s’amplifier», affirme-t-elle.

Après son premier rôle à Broadway, à l’âge de 13 ans, elle se voit confinée essentiellement dans des rôles «ethniques», avec quelques exceptions notables comme quand elle joue aux côtés de Gene Kelly dans Chantons sous la pluie (1952). À 17 ans, elle signe un contrat avec les studios MGM, et en 1962 devient la première latino à remporter un Oscar: meilleur second rôle féminin pour son interprétation d’Anita dans West Side Story et son entêtant I like to be in America.

Mais elle connaît ensuite une traversée du désert. Elle se souvient de la période la plus sombre de sa carrière: «On ne me proposait plus rien. J’avais le cœur absolument brisé». J’avais apparemment interprété le rôle définitif de l’hispano, personne ne pouvait plus m’imaginer jouer autre chose. Je n’ai pas tourné de films pendant sept ans».

Peu à peu, elle trouve sa place au théâtre et à la télévision et remporte un Grammy en 1973, un Tony en 1975 et deux Emmys en 1977 et 1978. De 1997 à 2003, elle est remarquable dans le personnage de soeur Peter Marie, l’un des rôles principaux de la série à succès OZ. Preuve de son dynamisme, elle interprète aujourd’hui une grand-mère sensuelle d’origine cubaine dans la série remake de Netflix One day at a time, sur les aventures d’une famille latino aux États-Unis.

Rita Moreno a participé à la dernière cérémonie des Oscars

Et la reconnaissance est désormais au rendez-vous: elle faisait partie des présentatrices à la dernière cérémonie des Oscars. Avec un bémol: une légende photo dans le New York Times l’identifiait comme une simple «invitée», suscitant un mini-tollé sur Twitter.

Elle n’oublie pourtant pas ses origines portoricaines et dénonce la volonté de l’administration Trump d’expulser des millions de clandestins. La politique des États-Unis semble la révulser: «C’est obscène. Quand ma mère Rosa María est arrivée ici il y a plus de 80 ans, cette dame (la Statue de la Liberté, NDLR) lui a ouvert les bras, et grâce à ça, j’ai vécu et je continue à vivre le rêve américain».

L’artiste attend maintenant avec impatience le remake de West Side Store que prépare Steven Spielberg: «Je suis très curieuse de voir ce qu’il fait. Je suis très nerveuse aussi. Il y a beaucoup de clichés dans le film, mais je suis sûre qu’il les évitera».

Outre la série Netflix, elle a un agenda bien rempli: des interviews, un spectacle de cabaret qui tourne dans tout le pays et enfin un projet de documentaire sur sa vie. Elle sourit: «Je suis tout le temps occupée».

Rita Moreno alias Anita chante I like to be in America dans West Side Story



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